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La Collation du matin à l'école

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"On assiste, depuis quelques décennies, à une déstructuration du rythme alimentaire dans le milieu scolaire, notamment à l'école maternelle, avec l'instauration d'un véritable moment de prise alimentaire supplémentaire baptisé " collation ", " 10 heures " ou " petit goûter ", essentiellement constitué de lait et d'autres aliments plus caloriques (gâteaux, biscuits, chocolats, etc.)."

L'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) avait été saisie le 18 août 2003 par la DGS (direction générale de la santé), dans le cadre des objectifs spécifiques du PNNS (programme national nutrition santé) sur la collation à l'école. Elle alerte dans un rapport rendu public le 3 mars 2004.

Une déstructuration du rythme alimentaire, un effet grignotage
" On assiste, depuis quelques décennies, à une déstructuration du rythme alimentaire dans le milieu scolaire, notamment à l'école maternelle, avec l'instauration d'un véritable moment de prise alimentaire supplémentaire baptisé " collation ", " 10 heures " ou " petit goûter ", essentiellement constitué de lait et d'autres aliments plus caloriques (gâteaux, biscuits, chocolats, etc.). " On ne repère plus chez les enfants de déficience en calcium " La distribution de lait n'est pas justifiée ". Quant aux fruits, la distribution à l'école " devrait être renforcée dans le cadre de repas structurés (...) afin de ne pas générer des comportements favorisant le grignotage ".
Elle suggère " de regrouper mensuellement les goûters d'anniversaire ".
Elle incite à " des actions de communication et d'information auprès de l'ensemble des acteurs du milieu scolaire (...) pour une bonne appropriation des arguments en faveur du caractère injustifié et inadapté de la collation du matin. "

Et pour ceux qui ne prennent pas de petit déjeuner
Il n'y a pas que dans le domaine de la pédagogie, qu'on prône la différenciation :
" La collation du matin à l'école, de par sa composition, son horaire, son caractère systématique et indifférencié, n'est pas justifiée et ne constitue pas une réponse adaptée à l'absence de petit-déjeuner. Le souci de pallier l'insuffisance des apports matinaux observés chez une minorité d'enfants aboutit à un déséquilibre de l'alimentation et à une modification des rythmes alimentaires et cette prise alimentaire supplémentaire est à l'origine d'un excès calorique. "
L'AFSSA parle de " proposer de ne distribuer qu'aux seuls enfants qui ne l'auraient pas pris, et ce, dès l'arrivée à l'école et avant le début de la classe, un petit-déjeuner équilibré. " Il s'agit de " s'adapter à la diversité des situations locales et devrait résulter d'une analyse au cas par cas de la faisabilité du projet. "
Voir à ce sujet sur sitEColes deux expériences dans des écoles du Pas de calais : " Petits déjeuners à l'école " et "santé dans l'assiette"

Des recommandations, pas encore de directives
" Nous n'avons pas envoyé de directives aux recteurs, mais nous devons parler de cette question avec eux. Nous n'avons décidé d'aucune manière d'interdire quoi que ce soit de façon systématique, mais on ne peut pas laisser sans réponse l'avis de l'AFSSA. Lorsque des collations hypercaloriques sont distribuées, on peut essayer de les remplacer par des fruits, par exemple. Cela va dans le même sens que ce que nous avons fait pour l'installation de fontaines d'eau ou bien ce qui se fait avec des distributeurs de fruits. "
Xavier Darcos, ministre délégué à l'Enseignement scolaire à l'agence éducation emploi formation (AEF), mercredi 3 mars 2004.

Une éducation alimentaire et des projets pédagogiques
" Une éventuelle association entre des activités pédagogiques et une prise alimentaire est envisageable de manière ponctuelle par l'organisation de repas structurés éducatifs mobilisant non seulement les enfants, mais aussi les familles. "
Un guide alimentaire du PNNS destiné aux parents d'enfants et d'adolescents est en cours de rédaction.
Cette thématique est aussi traitée dans Éducation enfantine, n° 7, mars 2004, pp. 13-19 et 62-67 " et dans "au sommaire de vos revues (sitEColes, mars 2003)".
" Cantine scolaire : une image à restaurer
Education enfantine fait le point sur le nouveau visage de la cantine scolaire. En effet, de nombreux efforts ont été faits pour améliorer la qualité des repas, les conditions dans lesquelles ceux-ci sont consommés et la sécurité alimentaire. En outre, la composition des repas fait aujourd'hui l'objet de recommandations officielles.
Ainsi, la restauration scolaire fait partie intégrante des actions menées en faveur de la santé publique, comme par exemple le PNNS (Programme national nutrition santé élaboré par le ministère de la Santé en 2001) qui vise à améliorer les comportements alimentaires des Français.
Cette éducation à la nutrition doit se poursuivre avec l'enseignant afin de sensibiliser davantage les enfants à l'importance de bien se nourrir.
En fin de dossier, on trouvera une bibliographie et des sites Internet.
Des initiatives se multiplient. Par exemple, la mairie du 17ème arrondissement de Paris, propose un site pour les enfants et les parents " Info cantine ".

Pour en savoir plus :
Lire " La sécurité des aliments : les bons gestes " - Circulaire du 3 janvier 2002, BO n° 2 du 10 janvier 2002 - Mesures à appliquer concernant les produits élaborés dans les classes, chez les parents d'élèves, pendant les fêtes et kermesses.
Trouver les coordonnées des comités départementaux pour l'éducation à la santé (CODES).
Connaître les actions et les réalisations du Programme national nutrition et santé (PNNSS).

D'après :
— la dépêche de l'agence éducation emploi formation (AEF), mercredi 3 mars 2004.
Éducation enfantine, n° 7, mars 2004