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Proposer la complexité dans des situations pédagogiques.

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L'entrée par la complexité, une piste possible pour gérer l'hétérogénéité des classes.

Situations problèmes (1) pédagogie du projet, tâches d'entraînement, tâches complexes, mise en situation, vraie situation d'apprentissage… autant d'expressions concernant les activités proposées aux élèves et qui interrogent la pratique quotidienne.
L'enseignant cherche encore et toujours à améliorer son dispositif pédagogique en vue de mobiliser l'ensemble des élèves de sa classe. Il peut être mis en difficulté par ceux qui résistent, ceux qui ne veulent pas rentrer dans les apprentissages, ceux qui étant en difficulté sont trop loin de ce qu'il propose, par les élèves sur qui toute proposition glisse ou par ceux qui savent tellement de choses apprises par eux-mêmes en dehors de l'école.
La préparation de la classe reste toujours d'actualité et fondamentale. Sans doute, l'inventivité pédagogique devient elle indispensable face à l'hétérogénéité des classes et l'entrée par la complexité une piste possible.
Premier obstacle à franchir dans nos représentations habituelles : les enseignants doivent proposer à des élèves en difficulté des situations de recherche, des situations complexes ? Ne serait-il pas plus simple de leur proposer des tâches basées sur la répétition et s'appuyant sur des supports simples ?
Mais nous les cantonnons alors à ce qu'ils savent déjà faire et nous ne produisons pas de développement car comme l'écrit L.Vygotski "l'apprentissage précède le développement.."
C'est donc dans notre responsabilité de créativité pédagogique que réside cette possibilité de bien doser l'activité qui produira un questionnement, un tâtonnement, un échange entre pairs, une créativité nouvelle de la part des élèves.
Si apprendre c'est réorganiser ses savoirs, c'est prendre conscience de ses procédures, alors enseigner c'est construire des situations qui mettent en jeu une remise en cause des anciens savoirs, qui favorisent une interaction, un questionnement.
Nous devons alors réfléchir à la place du questionnement réel de l'élève. C'est à nous enseignants de solliciter le questionnement de l'élève. Il s'agit de trouver les moyens de mettre en œuvre une pédagogie du "sens" que l'élève pourra trouver dans les propositions pédagogiques quotidiennes.
Sens de la présence à l'école ; sens de la tâche qui lui est proposée ; sens de l'évaluation
S'il y a "sens" on peut supposer que l'investissement de l'élève ne sera pas le même.
- Sens de la présence à l'école, car trop peu d'élèves savent pourquoi ils viennent à l'école et ce que peut leur apporter l'école.
- Sens de l'activité proposée : comment relier pour un élève les différentes activités qui se succèdent ? Les relier à son expérience personnelle, à ses savoirs mais les relier aussi entre elles.
Quelles sont les entrées qui favorisent le mieux cette approche et qu'ont-elles en commun ?
La démarche de projet et les situations problèmes sont à mon sens ce qui permet actuellement d'organiser un enseignement qui prend en compte plusieurs aspects :
- Prise en compte de la dynamique du groupe et du plaisir de faire face à des obstacles ensemble.
- Chercher à plusieurs à réaliser telle phase du projet ou la résolution d'une situation problème.
- Permettre à chacun d'entrer dans l'activité avec ses possibilités et croiser avec d'autres une procédure différente, un savoir, un savoir faire d'un niveau différent. Enfin, par ces deux approches, l'erreur est utile et le tâtonnement indispensable.

(1) Faire vivre de véritables situations problèmes, de Vecchi G., Carmona-Maganldi N., Hachette éducation.

La réponse n'est pas immédiate et peut prendre plusieurs formes. C'est en partie pour cela que dans ces deux approches nous pouvons dire que ce sont des tâches complexes qui sont proposées.
C'est ainsi que nous pourrons développer chez nos élèves une pensée qui les préparera à mieux saisir la complexité du monde. La pensée binaire ne peut plus répondre aujourd'hui à la diversité des modèles. Si la vérité est dans le paradoxe, alors il est urgent d'apprendre à nos élèves la diversité des manières de résoudre, de penser et de mettre en lien des données.
Les activités d'entraînement ne peuvent prendre du sens que si elles sont reliées à la découverte d'un savoir faire non encore disponible par l'élève, ou présentées en relation avec une activité plus globale de production ou de réflexion.

La circulaire n° 98-129 sur les orientations pédagogiques pour les Enseignements Généraux Professionnels Adaptés dans le second degré, nous fournit cette conclusion provisoire : " Il convient de privilégier un processus d'apprentissage centré sur l'élève et construit dans la durée par la confrontation de l'élève avec de véritables situations d'apprentissage, alternant avec des activités systématiques et prenant appui sur une pratique réfléchie de l'évaluation… C'est dans les situations de recherche ou de résolutions de problèmes ; quel qu'en soit le contexte disciplinaire, que l'enseignant est le mieux à même de percevoir la nature des obstacles que rencontre l'adolescent, les acquis qu'il est en mesure de mobiliser, les représentations qu'il a de ses propres connaissances…
Cependant l'enseignant doit également proposer des situations d'entraînement dont les objectifs sont la consolidation des compétences et des connaissances acquises et leur utilisation dans des contextes suffisamment variés pour permettre leur réinvestissement ".