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Les partenariats artistiques et culturels à l'école

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Les partenariats artistiques et culturels à l'école

Les conditions des partenariats artistiques et culturels.

L’éducation artistique et culturelle à l’école primaire a connu un réel essor avec le Plan quinquennal initié par Jack Lang en l’an 2000 (circulaire n°2001-104 du 14-06-2001 – BO N°24 du 14 juin 2001 : offrant un financement d’état à des projets artistiques et culturels. Bien que l’échéance des cinq années soit passée, il semble qu’il y ait toujours une volonté gouvernementale de développer ce volet. En effet, la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école a récemment rappelé que l’éducation artistique et culturelle contribue à l’acquisition du socle commun de compétences et de connaissances et la circulaire N°2007-022 du 22 janvier 2007 B.O. N°5 du 22 février 2007 précise l’obligation de faire apparaître cette dimension dans les projets d’école.

Corollairement, le champ artistique scolaire s’est largement diversifié ouvrant la porte aux arts du cirque, du goût ou au design … Il est donc évident que pour répondre à cette politique ambitieuse de formation et d’éducation, le partenariat avec des artistes s’avère indispensable. Les collectivités territoriales l’ont d’ailleurs bien compris, leurs services éducatifs s’impliquant également de plus en plus souvent dans les projets mis en œuvre.

Les écoles ont ainsi la possibilité d’entrer dans divers types de dispositifs partenariaux soit ponctuels, soit s’inscrivant dans la durée :
- classe à P.A.C. (Projet Artistique et Culturel)
- ateliers artistiques et culturels
- classe culturelle
- contrat éducatif local (*)
- contrat local d’éducation artistique.

(*) Le Contrat Educatif Local (CEL) est désormais intégré au Contrat Urbain de Cohésion Sociale sous l’appellation « Projet Educatif Local » : B.O. N°2 du 11 Janvier 2007 - Circulaire N°2007-004 du 11-12-2006.

Il est de la responsabilité de l’équipe éducative de veiller, lors de la rédaction du projet d’école, à un certain équilibre de ces actions et de s’assurer que tout élève pourra, en maternelle et en école élémentaire, bénéficier au moins une fois d’un tel dispositif.

De même, pour garantir le succès et l’aboutissement de tels projets, il convient de respecter certaines conditions lors de la mise en place du partenariat.

1. Le choix des partenaires : Il est de la responsabilité du chef d’établissement, même si le projet est porté par un enseignant. Le chef d’établissement doit donc s’assurer de la professionnalité des artistes intervenants en leur demandant de justifier de la possession d’un diplôme reconnu et/ou de l’exercice effectif d’activités professionnelles (décret d’application de l’article L 911-6 du code de l’éducation N° 88-709 du 6 mai 1988). La circulaire interministérielle du 3 janvier 2005 rappelle que « le concours de l’artiste ou du professionnel de la culture trouve sa justification dans la mesure où il exerce une activité de création ou d’expression artistique ou de parole propre aux métiers de la culture et non d’une activité d’enseignement ». En clair, cela veut dire qu’un professeur de collège ou de lycée ou encore de Conservatoire ne peut en aucun cas être rémunéré comme intervenant dans le cadre d’un Projet de classe à P.A.C. Pour faciliter le choix de l’intervenant, beaucoup d’inspections académiques proposent une liste d’artistes et de structures culturelles habilitées … un autre critère est que le professionnel soit inscrit et reconnu auprès des D.R.A.C. et possède un numéro Siret. En outre, afin d’éviter tout litige ultérieur, le chef d’établissement veillera à inclure tout intervenant dans le contrat d’assurance de l’école.

2. Le statut de l’artiste et la rédaction du projet : La responsabilité pédagogique incombe toujours à l’enseignant. C’est d’ailleurs lui qui est porteur du projet dans le cadre d’une classe à P.A.C. C’est pourquoi, il est indispensable que l’enseignant et l’artiste définissent et rédigent conjointement le projet afin de préciser très exactement les modalités d’intervention de l’artiste (classe entière, demi-groupe, groupe limité à … X élèves etc …) et surtout le rôle de chacun. En effet, un artiste n’est pas a priori un pédagogue et c’est à l’enseignant de veiller au cadre pédagogique de l’intervention (niveau de langage, reformulation, gestion du groupe etc …) de même que c’est lui seul qui pourra établir les ponts nécessaires avec les autres champs disciplinaires. Il est utile d’avoir toujours en tête que l’artiste n’est là que pour apporter son concours dans le champ artistique que l’enseignant ne maîtrise pas.

3. La rémunération de l’artiste : il existe plusieurs cas de figure :
a) L’artiste dépend d’une structure culturelle. C’est elle qui le rémunère et adressera alors une facture à l’établissement. Dans ce cas, il y a lieu de prendre contact avec cette structure pour le devis initial et l’établissement d’une convention.

b) L’artiste a un numéro Siret et peut donc être rémunéré en honoraires. Il convient alors d’établir une convention directement avec lui. Cependant les tarifs pratiqués ne sont pas libres mais réglementés par le Ministère de la Culture. Il y a donc lieu de se rapprocher des D.R.A.C. pour connaître les tarifs en vigueur. Le taux horaire comprend la préparation, la concertation et le temps devant les élèves. Attention, pour les ateliers d’écrivain, le montant de la rémunération est plus élevé. Il s’entend par demi-journée face aux élèves.

c)Il est possible de se rapprocher des collectivités territoriales ou de partenaires privés (banques, etc., dans le cadre du mécénat d’entreprise) pour certains projets.

Pour conclure, il est peut-être bon de rappeler le principe de base de tout partenariat, à savoir que chacun des partenaires doit avoir le sentiment de "gagner" quelque chose. Aucun atelier ne pourra s’accomplir pleinement si enseignant et artiste ne s’entendent pas, si un équilibre ne parvient pas à s’instaurer. Chacun doit parvenir à trouver sa " juste" place.