Accueil > Vie de l'Institution et de l'école > Au fil de l'année > Autres moments

Accompagner les projets d’orientations de nos élèves, entre confinement et déconfinement…

Temps de lecture : 11 minutes
Accompagner les projets d’orientations de nos élèves, entre confinement et déconfinement…

En situation de crise sanitaire, la priorité a été donnée à la gestion de la continuité pédagogique.  Les Pôles Collège et lycée, comme la Commission Orientation du Département Education du SGEC, ont insisté sur l’importance « d’une continuité pédagogique et éducative ». Ceci afin d’accompagner le parcours des collégiens et des lycéens dans un contexte inédit. En effet, là où un accompagnement du parcours Avenir existe, cette continuité a été tenue, les équipes se sont mobilisées et se sont organisées. En revanche, cette crise souligne l’importance d’un travail des établissements pour mettre en place le parcours Avenir pour tous les collégiens et lycéens. Puisque là, où l’orientation se limite aux décisions à prendre en fin de cycle, la situation est critique.

Dans ce contexte et sans travail sur le long terme se posent les questions suivantes :

« Comment accompagner une orientation vers la voie professionnelle ? »,

« Comment accompagner le choix d’une première générale ou technologique ? », « Comment accompagner une demande de redoublement ? »

Ainsi, le contexte actuel, nous met au défi de revenir aux enjeux du parcours avenir pour tous les jeunes scolarisés dans nos établissements. Ceci pour instaurer une confiance entre les familles, les élèves et les prescripteurs d’orientation. Car la situation que nous traversons met en lumière une défiance entre l’Ecole et les familles en ce qui concerne l’orientation. Il faut sortir de cette ornière pour accompagner les personnes avec bienveillance, c’est-à-dire « vouloir du bien » pour autrui. La situation actuelle, invite nos équipes à nouer ou renouer le dialogue avec les élèves et les familles, à distance. Il est important dans ce contexte de se positionner « comme des professionnels de l’orientation ».

Certes le troisième trimestre a été particulier et va se finir de façon particulière, mais il a bien existé. Un projet d’orientation, ne peut se construire sur « ce seul troisième trimestre » souvent désigné comme décisif… Un choix d’orientation se construit sur un parcours et non sur une étape. C’est en ce sens que le « Parcours Avenir » prend toute sa valeur. D’autant qu’émergent des problématiques nouvelles, comme celle du redoublement envisagé comme une solution pour les élèves ayant « décrochés » lors des semaines de confinement : pour le primaire, le collège comme le lycée, pour certaines familles. Il nous faut rassurer et penser maintenant des aménagements pour la rentrée 2020, sans attendre le texte en préparation au ministère. Nous sommes des professionnels de l’enseignement et nous pouvons penser le premier trimestre 2020 / 2021 en intégrant les manques à travailler pour proposer des parcours de formations ajustés aux élèves, collégiens et lycéens.

De même, en ce qui concerne les recours, les commissions d’appels, dans les incertitudes qui planent sur cette fin d’année, il va falloir gérer en interne, accompagner les élèves et les familles au mieux et dans le respect des textes. Dans certains territoires, il est question même de ne pas tenir ces commissions. Ceci nous invite à penser nos protocoles d’accompagnement afin de ne pas « braquer » les élèves et les familles, mais bien de trouver une solution pertinente « pour l’élève », car l’enjeu est bien là.

Les aménagements nécessaires évoqués précédemment, peuvent commencer dès la reprise de mai et juin 2020. En effet, pourquoi ne pas travailler sur ce dont les élèves vont avoir besoin, non pas pour « finir les programmes » mais pour envisager sereinement une rentrée en sixième, une rentrée en lycée GT ou Pro, le choix d’une spécialité pour la première ou l’entrée à l’université, en CPEG… Mettre en place des modules qui pourraient permettre aux élèves de se mettre en projet pour dépasser ce contexte complexe que la crise sanitaire a imposé à l’Ecole est une nécessité.  Par exemple, faire réaliser des capsules vidéo aux élèves de 6ème pour présenter le collège aux futurs collégiens (travailler en réseaux avec les écoles primaires du bassin). Ceci peut s’imaginer à tous les niveaux.

Dans ce contexte, nous ne pouvons ignorer l’urgence d’accompagner les collégiens vers la voie professionnelle : l’absence de portes ouvertes, l’accompagnement à distance rendent problématique l’engagement dans cette voie. De plus, la méconnaissance de la réforme de la voie professionnelle peut faire passer certains jeunes à côté d’opportunités riches pour leur avenir. Il nous faut changer « notre logiciel ». En effet, trop souvent, la voie professionnelle est abordée comme « ce que l’on devrait faire à la place de … ». Il faut trouver en équipe des « éléments de langage qui soient constructifs et positifs : « Elle/il n’est pas orienté dans la voie professionnelle parce qu’elle/il ne peut pas faire une seconde générale et technologique, mais bien parce que ce parcours lui offre des perspectives pour épanouir ses compétences ». Ceci n’est pas qu’un jeu e langage mais bien un changement de posture que nos équipes doivent travailler afin de proposer aux collégiens toutes les opportunités qui leurs sont offertes.

Il est donc urgent et important, malgré la distance, de travailler à instaurer ou à poursuivre une proximité avec les parents pour répondre aux questions, aux doutes aux inquiétudes légitimes. D’autant que les conseils de classes du troisième trimestre vont devoir se tenir, en distanciel comme en présentiel.  Il nous faut penser une prise en compte de la parole de tous afin de ne pas nourrir les frustrations, mais bien être dans l’accompagnement. N’oublions pas de travailler avec les parents d’élèves, mais aussi avec les ressources des apels départementales, académiques comme celles au sein des établissements. De plus, pourquoi ne pas proposer des « portes ouvertes virtuelles » ou « Journées de l’Orientation », afin de faire connaitre aux collégiens les propositions de formations des lycées professionnelles ? Certains diocèses ont travaillé à la création de journées portes ouvertes virtuelles, il serait sans doute pertinent d’organiser des « Journées de l’orientation » ou des « Permanences de l’orientation », ceci pour répondre aux questions, écouter les besoins et trouver des solutions. Pourquoi ne pas organiser ses temps en Direction Diocésaine, en réseaux ou même dans chaque établissement. Ceci permettra de prendre le temps et non pas d’aborder l’orientation en urgence. (Voir le webinaire sur une expérience d'animation institutionnelle à distance).

Ainsi, cette crise, en ayant instauré « la continuité pédagogique et éducative », nous invite à revenir au cœur de notre projet :

  • L’accompagnement de la personne dans toutes ses dimensions,

  • Une approche de l’orientation intégrée dans un « parcours avenir » qui permet de construire un projet de formation,

  • Vivre au sein des communautés éducatives des relations de confiance fondée sur la bienveillance.

A nous de relever ses défis afin de permettre à chacun de pouvoir épanouir ses compétences.